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Pourquoi questionner les évidences ? Un manifeste pour penser les discours politiques, les chiffres et le réel avec exigence.
“La lutte contre les évidences”
penser est un art, l’art a ses techniques …
Pourquoi ? Comment ?…
La philosophie, depuis les discours de Platon, nous propose une méthode permettant de questionner toutes choses, aussi insaisissable et invraisemblable soit-elle, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, de l’Être au théâtre, de la cité à l’immortalité.
Cette méthode nous pousse à se poser une question exigeante, quelque soit son désir, ses connaissances, sa vie. Cette question, même si nous n’avons pas la le vocabulaire ni la rationalité du philosophe se pose à tous et opère un changement pragmatique, visible …
Pourquoi ?…
Voilà la question qui gouverne tout !
La question de l’étonné, du surpris, de l’intrigué, du curieux …
C’est aussi et surtout la question qui devrait être dans toutes les têtes à chaque apparition et discours politique relayé médiatiquement (au sens large), car c’est bien de cela dont il s’agit !
Le mouvement du pourquoi est le début de l’acte conscient de penser.
c’est ce qui fait souvent cruellement défaut…
Le pourquoi du comment
Chaque apparition, parfois même “d’expert”, est cantonné et limité au comment, à la suite de chiffres, de donnée, de “data”… volonté ultime de scientificité d’une comptabilité de l’Être …
Seulement le comment n’est qu’un début et ne permet pas de comprendre, il permet de savoir, distinction philosophique de poids !
Le pourquoi du comment veut poursuivre et achever le début de réflexion porté par le comment, par l’amas de donnés, mais que sont qu’un début !
La volonté de s’arrêter au comment doit pouvoir être analysé et compris d’un point de vue philosophique, en prenant de la hauteur, en ne prenant parti pour aucun discours pour les critiquer tous !
C’est un impératif !
Impératif de sincérité devant tous !
Impératif de raison ! S’arrêter au comment n’est pas respecter la puissance de la pensée humaine …
Pour y parvenir, nous proposons de reprendre et décrypter non forcément par l’analyse pointilleuse, mais plutôt par la pensée sur les discours, ce qui s’apparenterait à de l’épistémologie, une critique du discours dans ce qu’il a de systématique et de malhonnête.
La lutte contre les évidences
— Léon Chestov, en parlant de Dostoievski
Il nous faut donc lutter par l’esprit pour lutter par l’action !
Lutter contre quoi ? et comment ?
Lutter contre les évidences du discours politique, qui, par volonté démagogique, “laisse libre cours aux passions populaires”, au lieu d’avoir le bien commun comme visée de toute action.
Lutter contre les évidences des données !!!
L’utilisation dans un discours de chiffres, (souvent d’ailleurs, pour singer la respectabilité et se vouloir intouchable, sorte d’acmé de la preuve et de l’autorité), n’est en rien un gage de vérité, il n’est qu’un gage de sidération empêchant toute réflexion, tout arrêt pour comprendre justement le pourquoi de ce chiffre, parce qu’il ne vient pas de nulle part !
Comme tout travail de compréhension historique il a un contexte, une utilité, une explication complexe dépassant le claquement, tel un fouet, de son énonciation.
Seulement la compréhension est un travail, il prend du temps et ne peut se faire lors d’une joute, où seul les chiffres claquent, alors que les chiffres comme toutes données ne répondent jamais d’eux-même !
On n’a encore jamais vu une pierre touchée par ma main se mettre à son tour à toucher celle-ci
— Michel Henry, Incarnation, une philosophie de la chair, Paris, seuil, 2000, p. 345
Pourtant, ces données existent, et il faut faire de l’histoire avec, scruter, interroger, s’empêcher de se sentir rassasier d’explication, et surtout…surtout…trouver des sources fiables et viables !
Lutter contre les évidences qui falsifient les œuvres et la pensée d’auteurs !
Lutter ! tout le temps lutter… contre soi, contre le médiocre empire de l’explication facile et glissante d’une expérience singulière exaltée en concept opérant dans tout les champs de la pensée.
La pensée et l’action
Nous voici au commencement d’une aventure de la pensée, une aventure exigeante, prenante mais exaltante et libératrice !
Cette aventure n’est pas solitaire, elle est voulue par les circonstances et par les rencontres, de celles qui poussent à agir, à réfléchir.
Elle n’est pas solitaire non plus dans la pensée ! Oh que non ! nous ne pourrions prétendre critiquer, comprendre et analyser seul dans une antre d’où rien ne sort jamais pour autre chose qu’éructer et vitupérer !
L’action de la pensée demande des relaies physiques et humains, psychiques, pour s’élaborer et devenir une action sur le réel.
Nous sommes donc accompagné magnifiquement par tout ceux qui ont fait la grandeur de la pensée, quelque soit leurs domaines, la sincérité et la rectitude de leur vie est le plus beau des encouragement !
Parmi cette foule, une figure se détache, celle de Marc Bloch, médiéviste mais surtout penseur de son époque meurtrie.
Il a su prendre le meilleur des nouveaux domaines mis en lumière par la révolution industrielle et romantique.
Il a su accommoder ces nouvelles sciences pour les mélanger à l’histoire et en faire des appuis de la recherche de vérité.
Son exigence de sincérité et de critique de son Métier d’historien, pour reprendre son testament méthodologique et philosophique, est l’exemple que nous voudrions suivre.
Il n’y a plus qu’à penser et agir !
Yallah !
— ! يلا

Marc Bloch
L’histoire appartient à ceux qui l’ont écrite Plus personne écoute, tout l’monde s’exprime Personne change d’avis, que des débats stériles Tout l’monde s’excite parce que tout l’monde s’excite Que des opinions tranchées, rien n’est jamais précis Plus l’temps d’réfléchir, tyrannie des chiffres Gamins d’douze ans dont les médias citent les tweets L’intelligence fait moins vendre que la polémique
Orelsan, L’odeur de l’essence